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Il était une fois une enseignante genevoise qui,
un beau jour, largua ses amarres pour jeter son ancre sur Sakatia Island. Elle ressent un véritable coup de cœur pour cette petite
île de 6 km2, peuplée de 300 Malgaches, dont 1/3 est âgé de
moins de 18 ans. Sakatia ne bénéficie d'aucune structure scolaire. Son rêve va devenir réalité en 1995. Grâce à son
dynamisme et à sa volonté, elle ouvrira une école primaire qui permettra à plus
de quarante enfants d'accéder aux bancs d'école. La plupart de ces enfants ne
l'ont jamais fréquentée pour des raisons financières et géographiques. Mais, remontons brièvement le fil du temps... Après plusieurs séjours à Madagascar, En découvrant Sakatia, l'enseignante a un vrai
coup de cœur. L'îlot, à côté de l'île de Nosy‑Be, est situé au nord-ouest de
Madagascar dans le canal du Mozambique (cf. carte). Les Malgaches, qui peuplent
les trois villages de Sakatia, vivent principalement de pêche et de culture de
riz (leur modeste revenu mensuel s'élève à 25.- francs suisses ou moins). |

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D'autre part, au vu de la situation géographique
de l'île de Sakatia et en raison également du peu de moyens financiers de ses
habitant-e-s, la majorité des enfants n'ont jamais fréquenté d'école. Les rares
élèves qui s'y rendent doivent traverser sur l'île voisine de Nosy-Be. Ce qui
signifie : marcher 20 minutes pour les enfants qui habitent dans les villages
éloignés, ensuite naviguer 10 à 45 minutes selon si leur pirogue est munie ou
non d'un moteur. Le passage n'est pas toujours gratuit et se fait seulement
deux fois par jour. Arrivés de l'autre côté, il faut encore compter 30 à 45
minutes à pied pour parvenir à l'école, s'ils n'ont pas la chance de trouver un
moyen de transport. Toutes ces raisons, ajoutées au fait que l'école
est payante, sont dissuasives pour des pêcheurs au revenu modeste. Ann-Christine se lance donc dans une aventure
périlleuse mais constructive. Voici le résumé de son parcours : En décembre 1994, le gouvernement malgache donne
son accord à la réalisation du projet. Monsieur Fanony Fulgence, Ministre de
l’Education Nationale à l’époque, soutient le projet en facilitant les
démarches administratives auprès des différents responsables de l’instruction
publique dont dépend l’île de Sakatia. Ann-Christine présente donc le projet à C’est alors que débute la récolte de fonds
nécessaires à la concrétisation de ce rêve. Une exposition-vente à Genève
permet de rassembler une somme d’argent suffisante pour démarrer le projet. Sur
place, en août 1995, les villageois participent au défrichage du terrain et à
la fin du mois la construction de l’école débute avec l’aide d’Ann-Christine.
Le bâtiment est constitué de deux salles de classe et d’une salle intermédiaire
servant d’économat. Afin de respecter l’environnement, les matériaux
utilisés sont typiquement malgaches : le falafa, nervure de l’arbre du
voyageur, permet de monter les parois. Quant au toit, il est construit en feuilles
de ravinala (palmiers ou arbres du voyageur) séchées, liées et disposées comme
des tuiles. Les tableaux noirs et le mobilier sont eux aussi fabriqués
localement. |